"Il a toutes les qualités nécessaires pour me dépasser" estime même le roi Pelé, qui a vu défiler des dizaines d'héritiers présumés mais qui affiche son intérêt pour la dernière petite merveille de Santos, le club de sa vie.
Comme la plupart de ses idoles, Robinho a débuté le football dans les ruelles des favelas de São Vicente (São Paulo) d'où sont sortis des dizaines de footballeurs de haut niveau. Son père, pourtant de condition très modeste, a fait d'énormes sacrifices pour lui acheter sa première paire de chaussures de football. Grâce à cela, le petit Robinho a pu s'inscrire dans un gymnase de futsal à São Vicente avant de partir à Portuario. Là, il est très rapidement repéré par les recruteurs du FC Santos et pris en main par le président Marcelo Teixeira. Fin du premier épisode d'un parcours assez classique dans un pays où le football est sans doute le moyen le plus sûr et rapide pour sortir de la misère.
Petit gabarit mais immense potentiel
Rapidement Robinho va faire la conquête du public de connaisseurs de Vila Belmiro, le terrain de jeu préféré de Pelé. Ses gestes techniques incroyables, ses ouvertures millimétrées pour son ami Diego (parti depuis en Europe) sans parler de ses buts décisifs permettent ainsi à Santos de renouer avec son glorieux passé en remportant le championnat d'Etat en 2002 et 2004. Au passage, Robinho remporte en 2004 le ballon d'or du meilleur footballeur de la saison.
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Mais, au lieu de penser à monnayer rapidement ces titres, Robinho fait (pour l'instant) la sourde oreille aux sirènes des grands clubs européens, ne serait-ce que pour renvoyer l'ascenseur à son club formateur. Et puis, même s'il est reconnu par tout un peuple comme un magnifique joueur au potentiel immense, Robinho qui est un petit gabarit (1m72 pour 61kg) doit encore muscler un peu son jeu et acquérir un peu plus de rigueur tactique pour réussir en Europe et y faire briller sa vitesse et sa technique hors du commun. Le Brésilien est d'ailleurs le premier à reconnaître qu'il a encore "une bonne marge de progression".
Pendant des heures et des heures, inlassablement, il jongle avec le ballon, le caresse, tente des dribles comme un matador de salon, s'essaie à diverses frappes avant de se remettre à jongler, consacrant tout son temps à dompter la sphère de cuir et assouvir sa passion. "J'ai toujours la même joie et envie de jouer. A l'entraînement, comme dans la vie de tous les jours, le football c'est du bonheur à l'état pur", affirme-t-il son éternel sourire aux lèvres.
Carlos Parreira : "C'est un joyau rare, même dans le football brésilien"
Ce bonheur il le fait régulièrement partager aux spectateurs de Vila Belmiro, comme le 13 février dernier où Santos a fait danser la samba aux riches Corinthians et à leur star argentine Carlos Tevez, sévèrement battus 0-3 dont deux buts de Robinho. Pourtant le jeune homme sortait d'une rude épreuve après l'enlèvement crapuleux de sa mère Marina pendant 41 jours et finalement relâchée le 18 décembre dans le quartier pauvre de Perús (São Paulo) après le paiement d'une rançon.
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Au niveau international, Robinho compte déjà dix-huit sélections et fonde de grands espoirs sur la prochaine Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006. Il a d'ailleurs inscrit l'un des quatre buts brésiliens face au Paraguay dans le dernier match de qualifications disputé le 5 juin 2005. "C'est un joyau rare, même dans le football brésilien", estime d'ailleurs le sélectionneur Parreira. Pour mieux préparer cet important rendez-vous, Pelé lui a d'ailleurs officiellement demandé "de poursuivre sa carrière avec Santos et d'ignorer les nombreuses offres millionnaires qui arrivent d'Europe". "Je comprends que Robinho pense à son avenir et à celui de sa famille. Mais, j'aimerais qu'il trouve dans mon ancien club les conditions financières nécessaires pour rester au Brésil et créer ainsi un précédent pour de nombreux jeunes", vient de demander Pelé.
"Nous allons essayer de faire comprendre à Robinho que le fait de rester à Santos est le meilleur moyen pour lui de préparer la Coupe du Monde", a précisé pour sa part le président Teixeira en rappelant que le prix du joueur avait été fixé à 50 millions de dollars, une somme abordable pour les clubs européens séduits par le dernier des héritiers de Pelé.


